Alliés pour réaliser nos ambitions

Cserie Airbus

Vendredi dernier, la Commission du commerce international des États-Unis votait à l’unanimité contre l’imposition de droits de près de 300 % sur les avions C Series destinés au marché américain, rejetant la plainte injustifiée de Boeing. Quelques jours après cette victoire, le chroniqueur Michel Girard y allait d’une analyse approximative, affirmant que le partenariat prévoyant qu’Airbus acquière 50,01 % du programme C Series était une erreur et que le gouvernement du Québec aurait mieux fait d’investir dans Bombardier plutôt que dans le C Series.

Pour en arriver à ces conclusions prématurées, M. Girard a omis deux éléments essentiels: la grande valeur de l’expertise et des ressources qu’Airbus fournira en échange de sa participation et l’incidence positive de ce partenariat sur l’investissement du gouvernement du Québec.

Rétablissons les faits : bien avant la plainte de Boeing, Bombardier envisageait la conclusion d’une alliance stratégique pour réaliser le plein potentiel de son programme. Il est de notoriété publique que des discussions à cet effet avaient été amorcées avec Airbus dès 2015. Les objectifs de Bombardier étaient clairs : pérenniser le programme, vendre plus d’avions, diminuer les coûts de production et offrir un soutien de première classe aux clients. En tant que leader mondial du marché des monocouloirs, Airbus était le candidat idéal pour nous aider à atteindre ces objectifs.

Prétendre que Bombardier a donné « gracieusement » le C Series à Airbus témoigne d’une incompréhension profonde du fonctionnement de l’industrie aéronautique et des méthodes d’évaluation d’entreprises. En échange de sa participation, Airbus mettra au service des avions C Series sa force de vente, sa vaste expertise en matière d’approvisionnement et son imposant réseau de service à la clientèle. Ces contributions en nature devraient plus que doubler la valeur du programme.

Voyons maintenant comment le gouvernement du Québec et les Québécois y trouvent leur compte. Avec Airbus, nous visons une augmentation du nombre d’avions vendus et des marges dégagées sur chaque appareil afin de générer un meilleur rendement pour les actionnaires du C Series et davantage d’emplois au Québec, avec les retombées économiques et fiscales que cela implique. En outre, le gouvernement pourra tirer profit de l’appréciation du titre de Bombardier grâce aux 100 millions de bons de souscription obtenus en contrepartie de son investissement. Ces bons octroyés à un prix d’exercice de 2,21 $, soit le même prix que celui payé par les actionnaires ayant participé à l’émission d’actions effectuée quelques mois plus tôt, lui rapporteraient près de 100 millions $ s’ils étaient exercés aujourd’hui.

En aéronautique comme dans d’autres domaines, l’avenir est aux alliances et Bombardier a choisi de participer à ce mouvement pour réaliser ses ambitions. La valeur à long terme du programme C Series s’est beaucoup accrue avec l’arrivée d’Airbus. Ce partenariat fera rayonner ce remarquable avion partout dans le monde, créant une plateforme exceptionnelle pour diffuser le génie québécois. Nous sommes convaincus que dans quelques années, nous aurons la preuve que cette entente aura été profitable pour tous, y compris pour le gouvernement du Québec et les Québécois.

Dr. Sylvain Lévesque, vice-président, Stratégie d’entreprise, Bombardier Inc.