Soutenir Bombardier et l’industrie aéronautique : Un investissement rentable pour le Canada

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Dans une récente lettre au Toronto Sun, Aaron Wudrick se sert de la vente du programme CRJ comme prétexte pour avancer que Bombardier « s’en met plein les poches pendant que les contribuables se font arnaquer ». Bien que M. Wudrick ait droit à son opinion sur le bien-fondé d’apporter un soutien gouvernemental à nos industries stratégiques, il s’est trompé de cible. Avec 1950 avions commandés à ce jour, le programme CRJ a été un grand succès commercial, lequel a résulté en d’importants montants versés aux gouvernements. Le fait est que Bombardier leur a versé un total de 315 millions $ pour ce programme, alors qu’ils lui avaient prêté environ 180 millions $. Cela représente un rendement de 175 % pour les contribuables.

Il est exact que Bombardier a bénéficié du soutien des gouvernements au fil des ans. Nos 21 400 employés et nos centaines de fournisseurs au Canada leur en sont reconnaissants. Toutefois, Bombardier rejette l’affirmation selon laquelle elle a englouti des milliards de dollars sans rien rendre aux contribuables.

M. Wudrick et d’autres commentateurs avancent que Bombardier a reçu 4 milliards $ des contribuables depuis 1966. Ce montant résulte toutefois d’une méthodologie discutable. Tout d’abord, il inclut plus de 400 millions $ de soutien public attribué à des entreprises différentes avant même qu’elles ne soient acquises par Bombardier. De plus, ce montant de 4 milliards $ inclut plus de 1 milliard $ d’ajustement d’inflation.

Prenons les chiffres réels : de 1986 à 2009, Bombardier a reçu plusieurs prêts remboursables totalisant 596 millions $. Ces prêts ont été remboursés en totalité, avec intérêts, sous forme de royautés à même les revenus tirés des ventes d’avions. Bombardier a reversé aux gouvernements 760 millions $ (soit 127 % du montant total initialement reçu).

Ensuite, Bombardier a reçu des prêts additionnels en 2009 et en 2017, totalisant 816 millions $, pour soutenir la recherche et le développement de deux programmes d’avions canadiens révolutionnaires, les programmes C Series et Global 7500. Tout comme pour les prêts précédents, ceux-ci sont remboursables par le biais de royautés. Ces nouveaux avions commencent tout juste à s’établir sur le marché alors que la production s’accélère, et les remboursements ont commencé.

Enfin, en 2016, le gouvernement du Québec a pris une participation en actions de 1,3 milliard $ dans le programme C Series (maintenant A220). Avec Airbus comme partenaire et le dynamisme que connaissent les commandes depuis le dernier salon aéronautique de Paris, nous pouvons être confiants que le gouvernement du Québec récupérera son investissement.

Bref, sur 30 ans, nos gouvernements fédéral et provinciaux ont accordé des prêts à Bombardier totalisant 1,4 milliard $ et pris une participation en actions de 1,3 milliard $, et donc investi un montant total de 2,7 milliards $. Maintenant voyons combien Bombardier a investi au cours de la même période pour développer 34 programmes d’avion, créer des centaines de milliers d’emplois et générer de la croissance économique pour notre pays : plus que 27 milliards $. Ce chiffre représente plus de dix fois ce que l’entreprise a obtenu; et c’est sans compter les plus de 18 milliards $ en impôts et remboursements de prêts versés aux gouvernements depuis 1986.

Si nous regardons à l’échelle mondiale, nous constatons que tous les gouvernements soutiennent leurs grappes stratégiques car ils savent que les exportateurs de haute technologie vont créer des emplois et de la richesse pour leurs citoyens. La poignée de pays ayant une industrie aéronautique considèrent aussi le ratio coût/bénéfice et pratiquent des politiques industrielles très énergiques pour assurer leur croissance, et ce, beaucoup plus que ne le fait le Canada.

En contribuant aux efforts de développement de Bombardier par le biais de prêts et de participations en actions, non seulement les Canadiens récupèrent leur mise, mais en plus ils créent de la valeur.

Les faits sont les faits : soutenir Bombardier et l’industrie aéronautique est un investissement rentable pour le Canada.

 

Olivier Marcil
Vice-président, Relations externes
Bombardier Inc.